Notre filière de riz en Thaïlande zéro gluten

Lorsqu’il est usiné en Europe, le riz parfumé est transporté en vrac, transformé et conditionné dans des unités de production qui reçoivent aussi des céréales comme le blé. Du coup, la réglementation nous impose de signaler sur nos étiquettes le risque de traces de gluten. C’est pour cette raison que nous avons cherché en Thaïlande une filière entièrement sécurisée. Nous avons mis en place un partenariat en commerce équitable avec une coopérative qui livre sa récolte à une rizerie située à proximité des parcelles cultivées. Du champ à la mise en sachet, le riz ne croise jamais de gluten ! Il est acheminé en sacs dans des véhicules qui ne transportent jamais de céréales contenant cette protéine. Et pour cause, on n’en cultive pas dans cette région.

Le riz est entreposé, usiné et mis en sachets sous atmosphère protectrice. Nous allons régulièrement sur place pour vérifier chacune des étapes. Sur nos conseils, l’usine s’est équipée d’une machine que nous avons configuré nous-mêmes, en formant les ouvriers. C’est grâce à l’ensemble de ces sécurités que notre filière de riz en Thaïlande est garanti zéro gluten depuis 2015.

Une belle collaboration en commerce équitable

Vingt-deux villages sont rassemblés au sein de cette coopérative thaïlandaise qui a vu le jour en 2004. Les traditions y sont toujours vivaces : l’année est jalonnée de rituels d’offrandes à la déesse mère du riz. Tous les visiteurs ont droit à une cérémonie d’accueil au cours de laquelle le chef du programme, Boonmee noue un fil de coton autour des poignets, en signe de respect et d'amitié. Les agriculteurs cultivent du riz thaï parfumé de variété Hom mali, qui bénéficie d'un label d'appellation protégée, ainsi que du riz rouge et noir, en alternance avec du soja, d'autres légumineuses, de l'ail... et des engrais verts. C'est en échangeant avec eux qu'est né le projet d'une filière thaïe de sauces soja en leur achetant non seulement leur production de riz mais aussi celle de fèves de soja, indispensable matière première. Voir ici.

Des méthodes de culture exemplaires

700 familles possédant de très petites exploitations sont impliquées par le programme. Une grande majorité des riziculteurs (70%) sèment et transplantent encore leur riz à la main. Les autres utilisent une des deux machines de la coopérative, des semoirs à tambours (6 caissons pouvant contenir 7 kg de graines.) Outre de faciliter le travail, ces machines ont l’avantage d’enfoncer les graines profondément dans le sol et d’économiser considérablement les semences tout en améliorant le rendement.

Une fois le riz planté au moment où les pluies arrivent, en mai-juin selon les années, les fermiers travaillent dans leurs parcelles 3 à 4 fois par semaine pour enlever les mauvaises herbes et vérifier l’absence de ravageurs. Ils amendent deux fois la terre avec le compost organique qu’ils fabriquent.

Chaque fermier est formé aux techniques de compostage de la biomasse et produit son propre engrais avec la paille et la balle de riz, des fruits et autres déchets organiques.

La prévention et la lutte contre les insectes, dans cette zone peu impactée, se pratique à l’aide de répulsifs fabriqués artisanalement (« vinaigre de bois » avec une essence issue de la fumée de bois ; un mélange de feuilles de nem, un arbre local et de gingembre).

Enfin, l’eau est recueillie et stockée dans des réservoirs et des étangs, où sont élevés des poissons et des grenouilles pour apporter des protéines au régime alimentaire des habitants, toujours majoritairement à base de riz.

Quand ils ne sont pas au champ, les agriculteurs pratiquent notamment l’élevage du ver à soie. Les femmes tissent artisanalement de beaux tissus aux motifs locaux.

Après la récolte en octobre-novembre, le riz est mis à sécher devant les parcelles ; il doit être retourné toutes les heures et demie jusqu’à obtenir le niveau d’humidité requis.

Il est alors livré à la coopérative où il est pesé sur une nouvelle balance acquise grâce à la prime au commerce équitable. Le taux d’humidité est mesuré dans un espace réservé à cet usage. Le prix qui sera payé au producteur sera déterminé pour partie par le résultat.

Des actions communautaires grâce au programme équitable

Une part de la prime perçue au titre du commerce équitable est réservée aux activités sociales de la collectivité, qui dispose aussi d’un jardin et d’un bassin de pêche communautaires, d’un centre de formation, et d’un magasin de vente des productions locales. Parmi les actions figurent par exemple la construction d’un espace dédié à la préparation commune du compost, le financement de l’instruction des jeunes et la plantation d’arbres. (voir actu retour de visite fin 2017).

Lors de notre dernière visite fin 2018, nous avons notamment visité une nouvelle station de séchage du riz, fait le point sur le programme de reforestation en cours et contrôlé que la coopérative fonctionne bien selon l’organisation transparente et démocratique définie. Elle dispose désormais d’un support commun pour assurer la promotion et le marketing, et mis en place une aide à la production des semences pour les fermiers.(voir actu retour de visite fin 2018).

Les bonnes pratiques mises en œuvre au sein de la coopérative sont reconnues : le chef Boonmee reçu un « rice fair award » de la part de l’Institut international sur la recherche du riz (IRRI), une ONG basée aux Philippines.

Ici, le riz est un trésor

La consommation de riz par les fermiers est en moyenne de 300 grammes par jour et par personne ! La part de la récolte annuelle consacrée à la consommation domestique est conservée dans des petits greniers à proximité des habitations. Quand les familles ont besoin d’argent, elles en vendent une partie. La communauté dispose d’un petit atelier de transformation : les familles y décortiquent le riz au jour le jour.

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